Ah Pablo, te retournerai tu dans ta tombe si tu entendais ce que nous avons

fait
de ta vie et de ton oeuvre. Quelle était l'idée de cet atelier? Parcourir la vie de cet artiste en résumant ses périodes artistiques à sa seule enfance. Puis, partant de cette enfance s'intégrer à
l'oeuvre par les portraits magistraux qui ont fait sont renom. Essayer de comprendre, raconter ce qui a fait ces visages cubistes qui suscitent en nous interrogations et doutes.
La vie de Picasso selon Thierry :
Il faut rétablir une vérité historique :
Picasso est né chez les Schtroumpfs. Son père (Schtroumpf) tenait la librairie du village des Schtroumpfs.
C’est ainsi qu’il connu sa période BLEUE
Ensuite dans la librairie de son père, il se passionna pour la bibliothèque ROSE, et surtout pour Oui-Oui.
Sur les conseils d’OVS, il revint à la vie réelle. Mais quelle vie réelle ! C’est ainsi qu(il s’est retrouvé à Sarcelles, au milieu des barres de HLM et des communautés Africaines. Les
personnes hautes en couleur provoquèrent sa période d’influence AFRICAINE. Les lieux, HLM basiques et stéréotypés provoquèrent l’apparition du CUBISME.
Devenu dépressif, Picasso chercha des échappatoires au goulag sarcellois. Il en trouva successivement deux : Le rêve et l’évasion dans les BALLETS RUSSES, puis l’évasion intellectuelle avec le
SURREALISME.
Picasso était tiraillé entre la guerre et le pacifisme. La triste réalité fit que la guerre prit le dessus sur le pacifisme, et c’est ainsi qu’on dit : La GUERRE NIQUA le pacifisme.
Après la guerre, Picasso crevait la dalle. Il était surnommé « Pique Assiette », lui qui était « GUERRE ET PAIX ».
Il se fit engager au Parti Communiste Français pour faire voir en couleur la triste réalité communiste. Puis, par intérêt et par conviction, il devint un mafioso russe d’adoption et alla s’établir
à Moscou. C’est là qu’il se mit à peindre des milliers de personnages heureux sur la Place Rouge, purs fruits de son imagination.
Lors de l’effondrement de la Russie, il alla finir sa vie comme de nombreux Mafiosi Russes : Sur la Côte d’Azur, plus précisément dans le village de VALLAURIS.
La vie de Picasso selon Yvon :
Bonjour, je m’appelle Pablo, je suis né hier. Ça va bien, merci, mais hier, ça a été difficile. Maman a souffert : il paraît que je suis sorti tout bleu.
Papa était blanc, il aurait voulu que je sois rouge.
Depuis quelques mois je progresse, je ne suis pas encore rouge mais déjà rose.
Quelle belle couleur ! La préférée des filles. J’aime bien les filles, surtout en tutu et ballerines.
Boum boum tam tam. J’aime bien aussi la musique, celle qui tape les rythmes du cœur de maman, celle des griots de la lointaine Afrique, la musique des masques qui grimassent pour faire peur aux
filles. Qui, d’ailleurs, ne sont pas toutes belles.
Les filles sont rondes, trop rondes. Zut ! Moi, je vais inventer des filles en carrés, en cubes, des filles qui montrent des angles, des filles en escalier, des filles avec des nez pointus
comme des masques africains.
Et puis des garçons en rondeurs qui dansent, des garçons comme des cygnes.
Tout se mélange ? Oui, le tourbillon de la musique et du ballet tourne aussi à la dévastation cauchemardesque. Je sens des peurs, des cris qui sortent des hommes et des femmes sous le
poids de blocs carrés, contendants.
Maman, j’ai peur !
Pourquoi ce mal qui court autour de moi ? Dans mon pays de flamenco et de sardane ? Pourquoi ce mal qui casse les danseurs et les danseuses ?
J’irai montrer la paix, la quiétude du bébé qui découvre la vie dans la chaleur de sa mère.
Papa a dit « soit rouge, mon fils », il viendra un temps pour que je le suive. J’irai rejoindre les grands, ceux qui défilent, qui crient et chantent dans la rue.
Jusqu’à ce que la paix et le bonheur arrivent avec toutes les couleurs, avec les danses, avec la chaleur d’un village méditerranéen.
Jusqu’à finir tous mes ouvrages au son des boules de pétanque qui se cognent.
Au revoir… Pablo Picasso, c’était moi, c’était tout ça.
La vie de Picasso selon Lucile :
Mémoire d'enfant, du premier âge à la raison.
Habillé par ma nounou comme il se doit en garçon dès la naissance je vécus ainsi ma période bleue.
Dire qu'ensuite cette couleur allait marquer mes tableaux....
je sais que mes contemporains et d'autres essayeront de me prêter moultes intentions auxquelles je n'ai jamais songé, il n'y a qu'un pas....que je franchis ici
Ce qui me marqua surtout ce sont les formes que je devinais, palpais plutôt, essayant d'en découvrir un subtile relief c'était assez clownesque......
Par le hasard d'une quelconque fin de guerre et donc d'un quelconque manque de choix dans les couleurs de tricot......je fus soudain transformé en angelot bonbon, asexué, acidulé.
La période rose fut courte, heureusement pour moi mais me perturba un peu et j'y restai pas mal dans la toile, posé là ne sachant m'en détaché.
Ma tendre nounou africaine ne cessa de m'influencer et tous les gris gris qu'elle portait me fascinaient d'autant plus qu'elle les gardait farouchement m'interdisant d'y toucher.
Je devais juste me contenter de quelques cubes, disparates mais au combien intéressants.....
tout cela sur une musique de Prokoviev que je découvrais halluciné......
Imaginez-vous........
habillé en rose devant une pile de cubes, rêvassant au grigri de la nounou, balancé par la musique slave.....
comment à ces conditions ne pas tomber dans le surréalisme tel Obélix dans la marmite magique.....
autonomie, liberté, empire colonial.......tout concourrait me prédisposait ensuite au pacifisme, peindre l'atroce, pour la paix.......je portais en moi Guernica comme je portais la peinture, comme
d'autre porte la révélation du dieu vivant.
Ce fut tout le paradoxe que je percevais déjà lorsque l'on m'emmenait par tradition dans des lieux de cultes où je ne pouvais ensuite que devenir communiste ne comprenant pas et à jamais le le
crime du juste et du petit.....
Toutes ces couleurs, toutes ces tonalités musicales et odorantes, colorées de l'enfance, comment ne pas aujourd'hui encore les retrouver à Vallauris....que je découvris à 7 ans......
L'âge de raison rassemblait toutes mes primes émotions et les contradictions de ma sortie pas pacifique de l'enfance, prémonition déjà de mes engagements politiques.
La vie de Picasso selon Paul :
J’étais un garçon, alors classique on m’a mis dans une chambre rose. Personne ne s’est rendu compte de la différence. Cela a orienté ma vie.
Ca m’a foutu le bourdon, je rentrai ainsi dans une période bleue.
Puis l’adolescence m’a permis de découvrir mon corps de découvrir les hommes, ce fut ma période rose, faite de rencontres furtives sur le port de Barcelone, j’y subissais régulièrement les
influences africaines.
Je ne regrettais plus mon enfance, la douce chaleur des ballets bleus, des ballets roses, des ballets russes.
C’est à l’âge de 20 ans que j’entamais le voyage au cours duquel je rejoignais Paris.
C’est à Paris que je connus la cause basque .
C’est ainsi que je rejoignis Guernica dans un voyage ou le surréalisme le disputait au pacifisme.
C’est à l’age de 30 ans que date mon engagement au parti communiste, car quitte à être surréaliste, autant être sanguinaire.
Mon adhésion dura 10 ans, jusqu’à ce que des lueurs de clarté viennent m’ouvrir les yeux, et demander pardon.
J’entamais alors la période de Vallauris. J’avais apparemment 40 ans.
Je suis né le 29 Février 1896, année bissextile.
Le visage de la femme selon Thierry :
L’action se passe dans un village africain. Le chef de tribu a une épouse dénommée Désirée. Le chef va voir le sorcier du village et lui explique qu’il ne supporte plus le visage quelconque
de sa femme, qu’il aimerait avoir plusieurs femmes, et des femmes blanches.
Aussi, le sorcier lui remet une potion magique qu’il doit faire boire à Désirée. Sitôt fait, elle devient la fleur de la perfection au féminin. Le chef a mieux que deux femmes : Il a
deux femmes en une : Une femme blanche à deux visages en coins de rues.. Pour cet africain : Une reine de beauté exotique…
Désirée est enfin la perfection, et le chef devient fidèle et amoureux.
Le visage de la femme par Yvon :
Elle aime son visage de face, mais pas son profil, « pas assez féminin ! » dit-elle.
Elle essaie de voir la face et un profil en même temps dans le miroir.
Quelle position prendre ? aucune n’est bonne !
Il faudrait un miroir biaisé, biaisant …
En voilà un, que dit-il ? horreur ! l’image est trop animale, ce n’est pas Elle. C’est pire que le profil gauche seul, ce n’est plus le visage d’une femme fleur, c’est une bouille
extraterrestre, une gargouille, à donner envie de préférer le nez torve du profil gauche ou la bouche trop avancée du profil droit.
Impossible même d’en rire.
Elle brise le miroir et maudit le cubiste.
Le visage de la femme par Lucile
Elle n'avait plus rien de féminin.
Ce n'était pas la fleur au chapeau qui allait lui rendre sa dignité.
Elle portait en elle les souffrances animales qui l'avait défigurée avant cependant de la transfigurer.
Comment oublier......
comment oublier que par amour elle s'était défigurée
Volontairement.
Assidument.
On continue dans Ypres en cette fin 1920 à compter son histoire en chuchotant.
A la fois comme une femme extraordinaire défigurée transfigurée d'amour.
Et cependant, nul n'ose croiser son regard, tenir ce regard noir de gueule cassée; elle nous rappelait à elle seule l'ignomité de la guerre.
A elle seule, elle nous rappelait les premiers gaz en Avril 1915 parmi les obus.....
elle nous rappelait, elle qui avait couru pour sauver son fiancé, que nous , nous étions restés là.....inactifs, à contempler l'incommensurable sans bouger.
Elle nous rappelait notre immobilisme, notre pacivité, notre manque de conviction, notre intime lacheté.
A elle seule, elle était la victoire de l'amour vrai, l'Espoir des générations futures, à elle seule elle était le plus digne des monuments à la mémoire.
Elle méritait toutes les médailles et les considérations, mais la voir soulevait le plus souvent le coeur et.....chacun passait son chemin
Et avec honte parfois, à la sortie de l'église, quelques pièces raisonnaient sur le sol, vers elle, en se détournant.
Ce n'est point qu'on la haïssait, qu'on la méprisait, non, elle était le miroir cassé de nos âmes maudites à jamais.
Nous avions avec Jeanne, devant nous le prix à payer pour tous nos manquements.
Peu à peu elle était devenue notre enfer au quotidien, une page que nous voulions tourner qui refusait de se tourner.
Et lorsque le journal annonça un matin, la lapidation de Jeanne près de la grand route, près du canal juste au dessus du cimetière canadien, personne ne fut surpris, non personne.
Et, on perçut même dans le souffle de l'automne, comme un soulagement....oui comme le souffle d'enfin la fin de la guerre.
Le visage de la femme selon Paul :
L’accident fut terrible.
Les cris de pneus avaient précédé un choc hyper violent. Le sanglier avait volé trois mettre au dessus du sol et retombé derrière le 4X4. L’animal était mort sous le choc.
La passagère avait perforé le pare brise, et s’était écrasé, désarticulé sur le sol.
Pablo descendit du véhicule et plia le corps dans le coffre.
C’est ce même corps plus rigide qui se trouvait deux jours plus tard dans l’atelier de Pablo. On le faisait tenir sur la chaise en l’ayant attaché au dossier. Sans quoi son corps serait tombé
comme une plante dont la tige ploie et plie sous le poids de la fleur.
Peintre génial, ce Picasso.
Sacré chauffard, ce Pablo.